Page d'accueil | 2007-09 »

vendredi, 31 août 2007

Ca y est ...

Comme c’est bon d’être chez soi à 17h10, après une journée éprouvante d’ennui, de lassitude, de frustration, d’inutilité, de désespoir… Bref, tout ce que le monde du travail peut apparemment nous offrir de pire, sans oublier le harcèlement, la pression, le surmenage, dont je ne suis heureusement pas victime actuellement.

Je profite donc de ce temps libre pour me lancer. Trois ans, déjà, que j’y pense. Et je franchis ce dernier pas aujourd’hui. Pour quelle raison… Je ne l’explique pas exactement. Un gros manque que je ne parviens à combler, manque qui était jusqu’à récemment comblé par des activités annexes que j’ai été contraintes soit d’arrêter soit de freiner considérablement. Ce serait cependant une erreur de croire que ce blog suffira à combler ce vide. Tiendra t-il lieu d’une sorte de thérapie alors ? une blogothérapie. Probablement un peu. Grand pas pour la femme mais petit pas pour l’humanité, petit acarien perdu sur la toile mondiale, ce blog tentera néanmoins de me procurer une certaine ouverture, un souffle d’air sur le monde, sur ma vie.

Nous verrons bien alors. Après avoir passé autant de temps à réfléchir sur son contenu, son utilité et sa finalité, c’eût été dommage tout de même de ne pas le faire naître, quelle que soit sa forme définitive.

 

 5 janvier 2005
 BLOG, relais du journal intime qu’autrefois je tenais, lui-même inconsciemment – ou non - substitué par l’écriture de textes, chansons, musiques… à leur tour remplacés par le ronron de la vie de tous les jours, l’abandon de soi aux dépens du quotidien et de ses tracas (im) matériels, puis aujourd’hui, dix ans après : retour aux sources… certes quelque peu modernisées. Souhaitant probablement combler un manque quelconque… non encore identifié clairement. Vraisemblablement ce fameux manque, source de moultes théories philosophiques et psychanalytiques.
 
Et ceci, finalement, d’après une suggestion de ma copine S., non pas d’écrire un blog, mais tout simplement un journal. Moi-même fortement aidée et inspirée par la richesse émergente de la blogosphère, j’en conviens. Copy cat.
 
Aidée sans doute également par ce fantasme que j’ai dû avoir un jour de publier mes écrits d’adolescente « perturbée » -autrement dit normale-, de faire partager l’approche naïve que j’avais du monde, mes expériences futiles ou plus douloureuses… Histoire de… laisser une trace, aussi insignifiante et volatile soit-elle. Pourquoi pas même de rendre modestement service, aussi minime soit-il. Rêve secret d’être reconnue et de finalement digérer cette fausse timidité qui peut s’avérer tellement handicapante… D’où mon premier sous-titre « Il faut oser où se résigner à tout » (qui change au gré de ma lassitude), ironiquement illustré de mon nombril. Sûrement aussi une certaine volonté (besoin ?) d’appartenance, appartenance à un tout numérique non délimité, donc duquel j’ai le droit, naturellement et sans complexes, de faire partie ; envie légitime (pathétique ?) d’exister dans ce monde qui a contribué de toutes parts à construire ma vie actuelle ; identification à une citoyenneté parallèle ; envie de tisser des liens d’une nature différente ; (re)connaissance artificielle à défaut de reconnaissance dans le monde matériel. Besoin de s’exprimer plus facilement peut-être aussi.
 
Même envie que celle qui me poussait parfois à discuter de tout, de rien, de mes problèmes existentiels avec des inconnus sur un salon de tchat quelconque, sans doute également une forte part d’exhibitionnisme, de mégalomanie paradoxalement tant critiqués par moi-même… que sais-je encore… envie également de se rapprocher de personnes qui ne me connaissent guère… voire pas du tout. Ou de personnes qui ne me connaîtront jamais autrement que par ce biais.
 
Peut-être aussi, (et à ce jour je dirais même surtout) un objectif, un défi lancé à moi-même qui ne m’implique certes pas beaucoup ou au contraire énormément, tout dépend de la façon dont on considère les choses, défi de réussir à concentrer mon attention sur un processus continu, me forcer à réfléchir, ressentir, exprimer, et écrire un truc relativement censé quelques jours par semaine/mois/année….
 
Peut-être envie d’enfouir ce « Vous ne construisez rien et vous perdez votre temps » qui pourrait très bien, avec une certaine lucidité et un recul raisonnables, s’appliquer à l’ensemble de ma vie.
 
Peut-être aussi en ai-je marre de glander toute la journée chez moi, censée devoir me motiver pour travailler, les fins de mes journées toutes semblables me ramassant à la pelle, non seulement coupable de n’avoir rien fait, mais en plus, pathétiquement épuisée de mon inertie constante.
 
Peut-être tout simplement envie d’avoir au moins une bonne résolution en ce début d’année 2005.
 
Ce blog, durera-t-il ? Hum... Tous les jours ? Probablement pas. Motivation, excitation, bonne volonté du commencement céderont sans doute leur place à la lassitude, la page blanche du très modeste écrivain et la désillusion, ces mêmes raisons qui m’ont fait arrêter le journal traditionnel… Ou bien… Ai-je changé un tant soit peu… ? Ou encore… Existera-t-il un autre lien… motivé par ce partage hypertextuel inexistant sur simple papier ? Peut-être aurai-je la réponse un jour. Je le souhaite, mais j’ai si peur d’être déçue. Qui vivra verra.