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mercredi, 31 octobre 2007
La France, on l'aime ou on la coule
Prenons pour hypothèse que l'Etat est une entreprise. Et qu'elle est gérée comme telle. Ce qui n'est (malheureusement) pas le cas. Détaillons les actions suivantes:
- Recruter un responsable du développement durable: bonne idée, mais encore faut-il lui allouer le budget nécessaire. Sinon c'est de l'opportunisme et de l'hypocrisie purs.
- Geler les recrutements et les salaires en période de vache maigre: ça paraît logique. Parler de rigueur, ça paraît justifié. Mais si on prend le temps de l'expliquer correctement.
- Supprimer progressivement la mutuelle gratuite: bon, là ça commence à faire du bruit.
- S'endetter de plus en plus pour payer les dépenses de fonctionnement (et même pas les dépenses d'investissement, car il n'y en a pas ): attention là ça sent l'erreur de gestion, l'entreprise court à la faillite. Ah bah elle y est déjà, suis-je bête.
- Augmenter le salaire du PDG, sous prétexte que les PDG des autres entreprises du même secteur dans d'autres pays gagnent plus: là ça ne va plus, l'Etat intervient donc pour sermonner ces patrons voyous, non mais, quand même. Sauf que là y a personne pour intervenir, même le PS nous montre ses fesses, le PC est décédé, Besancenot distribue les feuilles d'impôts et Arlette est à la retraite.
Puisque la France n'arrive apparemment plus à rembourser sa dette, il faudrait pouvoir déposer le bilan de l'Entreprise France. Il n'y a pas de honte à ça : quand ça va mal, il faut oser l'admettre. Et se donner les moyens de redresser la barre avant qu'il ne soit trop tard. Comme ça avec un peu de chance ça donnerait lieu à une procédure de redressement judiciaire (sauf que là ce serait plutôt la liquidation), et enfin, une gestion compétente et rigoureuse des caisses de l'Etat par un administrateur.
Ségolène reviens, toi pour qui "un euro dépensé doit être un euro utile". Toi tu n'aurais jamais eu cette indécence de t'augmenter alors que le peuple crève de faim. Je pense que j'aurais encore préféré "ils n'ont pas de pain? Qu'ils mangent de la brioche !". Au moins c'eût été franc, honnête et courageux.
On n'en est pas loin après tout, et c'est à peine dissimulé:
"Ils paient l'essence trop cher? Qu'ils prennent le TGV."
"Ils sont au chômage? Qu'ils travaillent plus."
"Ils ont du mal à payer leur loyer? Qu'ils s'achètent une maison."
etc.
Voilà leurs fausses réponses aux vrais problèmes des vraies gens. C'est pas faute d'avoir tiré le signal d'alarme pourtant.
Ce soir c'est concert, à l'ovule noir la Boule Noire. Ca va faire du bien de se retrouver "en famille"... car à mon avis il va y avoir plus d'une lesbienne au mètre carré, compte tenu que les deux groupes qui jouent ce soir sont Subway et Hopper.
De la bonne musique, des gens de mon monde, rien de tel pour oublier! Et vivement la grève du 14 novembre, qu'on fasse la fête.
18:15 Publié dans Au pays d'Yzokras et Enéloges | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, entreprise, france, ump, sarkozy, societe
mardi, 30 octobre 2007
Mais pourquoi est-il si puant? PARCE QUE !!!
Je ne sais pas laquelle des deux me donne le plus envie de vomir: la dernière campagne de publicité pour Orangina (un aperçu ici) ou la dernière trouvaille de notre gouvernement.
Pour ce qui est de la première, les parisiens ont l'extrême privilège d'en admirer les différentes affiches à la station de métro Odéon. <début de second degré> Pour les autres, j'en sais rien, et tant pis pour vous, vous avez qu'à habiter Paris, comme tout le monde<fin de second degré>. Bref, je trouve ces affiches d'une vulgarité sans nom, notamment l'espèce de femme en forme de lapin, ou bien est-ce un lapin en forme de femme, dans une position Betty Boopienne, voire Clara Morganienne. Sans oublier le petit slogan qui va bien avec : "naturellement pulpeuse". Mais le pire c'est encore l'affiche représentant un espèce d'ours mal léché avec une tronche de pervers, tenant dans sa main gauche une bouteille de ladite boisson d'une manière carrément obscène. Je n'ose imaginer le sort des lapines affriolantes si M. Ours réussissait à sauter... d'affiche en affiche.
La seconde, j'avoue que là on atteint le summum de l'infâme. Parler d'augmentation de 140% du salaire du président alors que les fonctionnaires (pas les hauts, hein, les profs par exemple) aimeraient bien avoir ne serait-ce qu'une augmentation de 14%.
Alors quels sont les arguments pipeau cette fois :
- Il faut aligner le salaire du président sur celui du premier ministre : sauf que le premier ministre est éjectable à n'importe quel moment, sauf que je doute que le premier ministre bénéficie des même avantages en nature que le président (billets d'avion à gogo pour lui et sa famille, frais de Bush bouche en veux-tu en voilà, résidences secondaire, tertiaire, quaternaire, etc.) Bref admettons.
- Les chefs d'Etat des autres pays européens gagnent plus. La belle affaire !! Les instituteurs allemands aussi gagnent plus que les profs des écoles français, alors on va augmenter tous les instits? Et la chancelière doit s'acquitter de son loyer, elle. Tandis que c'est que de l'argent de poche pour Bouffon 1er. Et quelle est déjà la dette de la France ? Je vous laisse compter. Ah celle de l'Allemagne n'est pas si loin. Ben voilà.
Bon et puis c'est vrai que ça devenait urgent, faut bien que le pauvre petit Nicolas se paie son abonnement à Meetic maintenant.
20:30 Publié dans Au pays d'Yzokras et Enéloges | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, france, publicité, politique
lundi, 29 octobre 2007
Desperate Lost Word of Nowhere - 1x07
Lundi 1er mars 1993
« Il y avait M, 26 ans. Je l’adore. Vraiment beaucoup. C’est la première fille, ou plutôt femme que j’aime autant. Non, je ne suis pas homo, c’est une amitié très forte, incroyable. »
Ou comment l'homosexualité la méthode Coué fait son apparition dans ma vie.
Après tout, il se peut que nous ayions des points communs, Emile et moi.
18:25 Publié dans Blogogriphe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : journal intime
dimanche, 28 octobre 2007
Le Web n'est pas net (1)
J'ignore s'il existe encore des gens qui pensent être en sécurité et à l'abri de toute espèce de vice lorsqu'ils discutent avec des inconnus sur Internet, ou pire, finissent par les rencontrer.
Ce genre de fait divers pourrait paraître relativement banal, hélas, sans doute moins pour les victimes. Mais si l'on prend en compte le fait que, selon toute vraisemblance, cet individu est le même qui tenait ce blog (cf les commentaires du dernier post), les choses prennent une autre tournure, somme toute relativement dérangeante.
C'est là qu'on réalise, si ce n'était déjà fait, à quel point Internet est devenu en peu d'années le reflet exact de notre société. On y trouve de tout, du bon, du moins bon, on y fait des rencontres agréables et d'autres beaucoup moins. Comme dans la "vraie" vie.
Moi qui fais partie de cette génération qui a eu l'extrême privilège d'utiliser Internet à ses débuts, il y a une petite dizaine d'années maintenant, les évolutions qui ont eu lieu sur cet espace virtuel sont remarquables. Dans le bon sens, je ne sais pas. Toujours est-il qu'"à l'époque", moi je trouvais ça bien plus convivial, petit milieu restreint à une poignées de petits veinards qui payaient leur connexion huit francs de l'heure...
Et pourtant, pourtant, il s'y passait déjà des choses bizarres.
19:45 Publié dans It's a Beautiful Life | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : internet, rencontre, société
vendredi, 26 octobre 2007
Nicolas et Pimgrenelle
Que l'UMP soit satisfaite des mesurettes qui ont été prises lors de ce fameux Grenelle de l'environnement, c'est normal. Que le FNSEA, syndicat agricole, le soit, on peut se dire que c'est plutôt mauvais signe. Que le PS le soit, bof, de toutes façons je n'attends plus grand chose du PS ( sauf de Ségolène). Mais alors que les associations parlent d'avancées significatives, là j'avoue qu'il y a quelque chose qui m'échappe. Sarko le magicien, hop, emballé c'est pesé, encore une fois tout le monde s'est laissé noyer sous des discours et des promesses qui n'engagent que ceux qui les croient, le tout enveloppé dans un joli papier cadeau offert par le copain Al Gore. Bon, OK, je fais peut être un peu de mauvaise foi. On va parler des mesures plutôt.
Une taxe sur les véhicules les plus polluants: ce qui veut dire entre parenthèses que les véhicules polluants mais pas trop, tout dépend d'où on situe le "trop", continueront de rouler en toute tranquillité. Il sera toujours temps de voir venir !
Je n'ai pas entendu parler du développement des voitures électriques dans leurs mesures, ou bien ai-je mal écouté? Pourtant celle de Bolloré ne devrait plus tarder à être commercialisée maintenant, vous savez la BlueCar...
Donc, outre la résurrection de la pastille verte, une taxe de cinq cents euros sera payée lorsque l'on achètera un 4x4. Qui peut décemment penser que cette mini taxe dissuadera ceux qui veulent acheter un 4x4 à 30000 euros de le faire? Est-il besoin de rappeler que ceux qui achètent des grosses voitures, donc plus polluantes et plus chères que les petites, ne sont en général pas franchement issus d'une classe sociale défavorisée? Au contraire même, on peut aller jusqu'à imaginer le pire avec un esprit retors, que ceux qui ne sont pas à 500 euros près se diront, "je paie largement le droit de polluer", ou bien "je fais un geste pour l'environnement grâce à cette taxe".... Rappelez moi déjà de combien s'élevera la franchise sur les boîtes de médicaments ? Cinquante centimes d'euros. Soit environ dix pourcents du prix. Payé par tous, plusieurs fois par mois pour certains, y compris par les plus pauvres. Y a pas un truc qui vous choque là? Enfin, je ne vois pas pourquoi nous devrions nous étonner. Nous avons les gens ont été assez naïfs pour élire le petit Nicolas, alors maintenant il faut assumer.
Le gel de la construction de nouvelles autoroutes. Mais où est le problème si les voitures deviennent non polluantes et silencieuses? Le paysage ne sera pas davantage défiguré que par des voies ferrées, que je sache.
Là franchement, je trouve ça un peu facile et pas tellement réfléchi. Du court terme. Rappelons que les réserves de pétrole sont en train de diminuer, le prix du baril est pourtant là pour nous le rappeler.
Le gel de la construction de nouveaux (admirez l'astuce lexicale) "sites" nuclaires. Ce qui n'empêche pas de construire des centrales sur des sites déjà existants, comme l'a justement relevé le réseau "Sortir du nucléaire"...
Je passe à la diminution de moitié de l'usage de pesticides: diminution en fréquence ? En quantité? Si c'est en fréquence, il suffira d'augmenter les quantités, si c'est en quantité, il suffira d'augmenter la fréquence! Et attention, c'est "si possible" d'ici 10 ans. Sinon c'est pas grave, le déficit de la sécu continuera de se crever, pardon quel lapsus, de se creuser pour soigner nos cancers. Ah pardon, il n'y aura plus de sécu dans dix ans, mais où avais-je la tête. Je ne sais pas pour vous, mais quand on nous promet de faire quelque chose sans donner de date butoir, en général ça ne se fait pas. Déjà que c'est difficile quand on en donne une, je pense notamment à la Stratégie de Lisbonne, vous savez celle qui devait faire de l'Union Européenne "l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique au monde" d'ici à 2010. On en est loin aujourd'hui.
Donc lundi, si votre patron vous demande "vous me finissez ce rapport pour la fin de semaine", vous lui répondrez " non non, je ne veux pas être contrainte par un délai". En gros, va veut dire que vous le ferez si vous en avez le temps et l'envie. En résumé, son rapport, il pourra s'asseoir dessus.
Ont-ils parlé des produits toxiques qui sont dans la bouffe ou dans les cosmétiques? Ah pardon, il ne faudrait pas froisser les amis Dan*ne et L'*réal. Ce sont des entreprises françaises, vous vous rendez comptes, des rares entreprises qui marchent bien, ce serait un frein à leur compétitivité etc. etc.
Sommes-nous, nous autres les gaulois, désespérés et immobiles à ce point qu'au moindre petit doigt bougé, on sorte les grands mots, la "révolution écologique"? Pas sûr car Mr Nobel Price of Peace en personne a félicité notre très cher président.
Ou alors.. Est-ce que je fais décidément partie de ces gens éternellement insatisfaits, qui râlent tout le temps (on les appelle des français); ou bien encore suis-je trop écolo, trop en avance, trop impatiente, trop exigeante? Sans doute un peu de tout ça. Bon, en tout cas c'était mon coup de gueule, justifié ou non, histoire de nuancer toutes ses réactions qui nous font croire que Super Sarko vient de sauver la planète (et d'ailleurs en passant, c'est Sarko qui s'attire toutes les félicitations alors que c'est Borloo qui a fait tout le boulot...à mon sens).
Ceci dit on peut quand même se réjouir d'une chose: pendant ce temps-là, on n'entend plus parler de Cécilia.
22:15 Publié dans Au pays d'Yzokras et Enéloges | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, environnement, écologie, sarkozy, grenelle
mercredi, 24 octobre 2007
Le téléphone pleure
Après quatorze entretiens d'embauche depuis six mois, trente consultations de mon profil en deux jours sur le site www.ehvouscherchezunboulotintéressantetbienpayé.fr, quatre demandes de mise en relation, deux visites de salons avec les cvs laissés à gauche à droite, cinq candidatures spontanées depuis une semaine, une proposition d'embauche temporisée par moi même puis acceptée avant de ne plus avoir de nouvelles, sans doute parce que je n'ai pas su me décider à temps... Non, ce n'était décidément pas le coup de fil que j'attendais.
"Esther, je voulais qu'on fixe une date pour qu'on puisse se voir au bureau, si tu peux me rappeler".
Que me veut-il... Me licencier? Fortement improbable, je leur rapporte bien plus que je ne leur coûte (sans outrecuidance de ma part, hein, c'est le principe même du prestataire). Et puis franchement ce serait une grosse connerie. C'est vraiment pas le moment. Ils peinent à recruter. Sans compter que je suis une des rares à être passée à travers la vague de départs. Me changer de mission? Impossible (même pas fait exprès, le jeu de mots). Me demander si oui ou non je me suis décidée à donner ma dém? Ca pourrait bien être ça. Mais pas uniquement, trop léger.
Et puis j'y pense... Ca fait pile onze mois que j'ai été embauchée. Ca sent l'entretien annuel à plein nez. Et qui dit entretien annuel dit... augmentation. Bon. Finalement, ça vaudra peut-être le coup de pipeauter et dire que j'ai arrêté de chercher ailleurs? Que je me sens bien chez vous et puis qu'ailleurs c'est tous des cons, et puis, cette augment, je l'ai méritée, non pas dix pourcents, quinze c'est mieux quand même, et puis tout le monde m'aime bien, on me félicite, et non je n'enlèverai pas le bas.
Il faudra que je pense, quand même, et c'est la moindre des choses, à cirer mes docs.
19:10 Publié dans Outrecuidamment | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : travail, salaire
mardi, 23 octobre 2007
Travailler moins pour gagner autant...
C'est possible !
Au boulot on a potentiellement besoin de moi dimanche 11 novembre.
Bon, OK, exceptionnellement, je vais consentir à travailler plus pour gagner plus, me suis-je dit. Surtout ce WE là, j'ai rien de prévu, 11 novembre ou pas, ça ne change rien pour moi. S. pourra courir (au sens propre, hein). Et puis après tout, étant donné le prix de l'immobilier à Paris, ce serait toujours ça de pris. Surtout si c'est franco d'impôts, paraît-il. Même si au fond de moi, franchement, ça m'emmerde profondément de profiter d'une mesure complètement inégalitaire et inefficace à mon sens. Mais bon, si c'est pour la bonne cause...
En tant que prestataire, je serais donc facturée le double d'un jour normal. Mais voilà: étant donné que mon service n'a plus de sous (ça me fait rire mais bon), ce n'est plus possible. Par contre, si je viens travailler ce dimanche, j'aurai droit à deux jours de repos compensatoires au lieu d'un.
En résumé, ce qu'on me propose donc, c'est de travailler un jour de moins et gagner autant. Finalement moi ça me va, d'autant plus que mes jours de congés et autres RTT ont tendance à fondre comme neige au soleil (bizarre). Alors, moi, sans conteste, je l'affirme tout haut: je suis définitivement prête à travailler moins et gagner autant. Même si c'est le Week-End. Attention je ne suis pas en train de promouvoir le travail les WE... Loin de là. Il s'agit d'un choix personnel, valable pour x en t=0. Toute la question est qu'il faudrait que celà reste un choix, pour y en t+n.
18:19 Publié dans Au pays d'Yzokras et Enéloges | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : politique, travail, entreprise
lundi, 22 octobre 2007
Je pourrais postuler chez EDF...
Leurs préoccupations ont l'air d'être si proches des miennes :

18:03 Publié dans It's a Beautiful Life | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : photo, pub, entreprise, fille, environnement, ecologie
dimanche, 21 octobre 2007
Desperate Lost Word of Nowhere - 1x06
Jeudi 11 février 1993
« La vie n’est pas si con et inutile. Je me suis réconciliée avec A […]. J’ai vraiment envie de sortir avec J. J’en rêve jour et nuit. Je lui ai demandé ce qu’il faisait dimanche, mais manque de bol il va à Paris. »
A noter que A. est une fille et J. un garçon... On voit déjà où étaient les priorités.
13:50 Publié dans Blogogriphe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime
jeudi, 18 octobre 2007
Ma grève à moi... j'pourrais y passer la nuit
Ce matin, 6h, réveil une heure plus tôt que d'habitude, après une nuit très agitée, excitée que j'étais par ce périple longuement préparé. Départ à 6h30: eh oui, j'étais pressée de vérifier mes prédictions: je pariais sur le fait que tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes. (Serais-je en train de devenir optimiste ?).
A peine arrivée à ma station, j'entends un bruit de métro, vite je cours, ouf c'était dans l'autre sens. Veinarde en plus. Trois minutes d'attente et un strapontin. Tout roule. Changement de métro, deux minutes d'attente, un siège, parfait, la RATP est avec moi ! Arrivée à la Défense, les magasins fermés, personne, le jour n'était pas encore levé, ni les parisiens, c'était beau, les lumières, la grandeur, le vide, la nuit. Un quart d'heure de marche plus tard, à 7h30 mon ordinateur était allumé.
Le retour, ce fut une autre histoire. Je trouve une place assise, la rame part dix minutes après, ou était-ce une demie heure, je ne sais pas. Les gens avaient bien eu le temps en tout cas de s'agglutiner dans la rame comme des insectes sur du papier tue-mouches.
Une nana debout, quasi sur mes genoux, me dit "si ça continue je vais vous tomber dessus!" Ne vous gênez pas ! :o) "Je veux bien vous proposer mes genoux, mais je vous préviens je suis lesbienne", ai-je failli lui dire.
Le jeune type debout devant moi, on lui voyait les poils des fesses. L'écouteur de son baladeur pendait de tout son long de la poche de son sac à dos.
Le type assis à côté de moi, qui lisait "la philosophie pour les nuls", très prévenant, a pris l'écouteur, délicatement l'a remis dans la poche du sac à dos, puis le reste du fil, et a même pris soin de refermer le zip de la poche. Ni vu ni connu.
La petit lycéenne, qui, après avoir disserté avec ses deux camarades sur les différentes façons de se suicider proprement, s'étonne: "je pensais pas que ça serait aussi pire (sic). Au moins j'aurai des choses à raconter ce soir !". (Sur ton skyblog ahah ptdrrr !) Elle n'était sans doute pas née en 1995 au moment des grèves (que d'ailleurs moi même je n'avais pas connues puisque je n'habitais pas Paris!) Euh, j'exagère un peu, en tout cas, elle ne s'en souvenait pas, c'est sûr (gluurps, moi j'avais 16 ans). "C'est bien d'être grand des fois !" me dit-elle, la tête sous mon aisselle droite. Je ne suis qu'une méchanteuuh.
La petite brune planquée derrière moi, "arrêtez madame, là vous m'écrasez, vous pouvez pas descendre ?" Madame?? mais elle m'a bien regardée? "Ben non je fais ce que je peux, je suis désolée." "Je suis claustro ça va pas". Alors, prise de pitié, me découvrant une âme de mère Thérésa, j'entamai la conversation pour lui changer les idées : "Vous descendez où? ah ça va, plus que trois stations ! En plus vous êtes près de la porte, ça devrait aller pour sortir !"
Evidemment, il y a toujours les types qui veulent entrer et qui, avec seulement un pied dans le métro n'en démordent pas, et évidemment empêchent les portes de se fermer et donc le train de partir. Mais il y a aussi le gentleman qui dit "bon attendez, je vais descendre" pour leur laisser la place et pour que le train parte enfin. Heureusement il n'a pas eu à se sacrifier car le chauffeur est sorti de sa cabine pour les sermonner : "Si vous vous poussez pas, je ne pars pas". Quand je vous le dis !
Il y a le brouhaha indescriptible de l'autre côté du quai lorsqu'au bout de trente minutes, la rame tant attendue de ces malheureux arrive enfin, le brouhaha se transforme en cris, les "la porte !" "pardon!", "laissez descendre !", "arrêtez de pousser!" ou "ça rentre plus!", et inévitablement, les éclats de rire qui en découlent de notre côté du quai, mais rires teintés de jaunes et d'angoisse, à l'idée que bientôt ça va être notre tour. Et les sourires amusés de certains, écrasés contre leur vitre, qui nous regardent d'un air de dire : "vous allez voir..."
Les trépidations cardiaques à l'approche de la rame de métro qui arrive bondée, les gens qui prennent une grande bouffée d'air, ceux qui s'écartent du bord du quai, de peur de tomber sur les voies, ceux qui disent "non c'est pas possible moi j'y vais pas". On sent monter le stress. Il va y avoir du sport ! A vos marques, prêts..
Il y a aussi les éclats de voix, les "fights" comme disait ma lycéenne, entre gens échauffés, énervés, qui sans doute se sont bousculés plus que d'accoutumée. Mais instantanément des huées montent de la rame entière, comme pour leur signifier à l'unisson: "arrêtez, on est des gens civilisés, ça sert à rien, on est tous dans la même galère".
Bref, une solidarité, une convivialité impensable en temps normal, qui me fait dire que les français ont beau être des râleurs et répéter à longueur de temps "ils nous font chier avec leur grève", je suis persuadée de ne pas être la seule à m'être amusée ce 18 octobre 2007.
18:35 Publié dans Au pays d'Yzokras et Enéloges | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grève, vive la vie, actualité, paris, france



