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jeudi, 21 février 2008

Inspecteur ou lieutenant...

C'est ce qui m'attend. Ou pas. L'un ou l'autre, ou bien les deux, qui sait. Ou aucun des deux. Est-ce que pour une fois, je serai la plus qualifiée pour un poste, et non plus le second choix, voire le troisième ou le quatrième ?

Sacrifice ultime. Contrôle sur place. Arme nucléaire. Délit d'initié. Marchés financiers. On secoue tout ça dans le tricorne et on tire au sort. Ou pas.

"Pensez-vous qu'il faille attaquer l'Iran?"

 Superbe vue sur le Sacré Coeur.

"Vous faites des cauchemars à quelle fréquence?"

La petite montgolfière devient toute trouble.

"Qu'avez vous retenu de l'actualité des derniers mois?"

Un sacré gap au niveau salaire, quand même.

"Quelles sont vos prétentions salariales ?"

Le quartier est vraiment chouette. 1700 euros le 70m².

"Que pensez-vous apporter à ce poste?"

Ils sont tous super bien sapés ici...

Hop hop, les entretiens d'embauche avec les opérationnels, les chargés de recrutement ou autres psychologues n'ont plus de secret pour moi. Toujours ce petit trémolo dans la voix au début, ce souffle court, mais toujours un petit brin d'humour, une dose de sang froid, de l'assurance bientôt? Qui sait. En tout cas ça me fait le plus grand bien. C'est indéniable. Je finis par les apprécier, ces entretiens. Pas deux qui se ressemblent.  

D'ailleurs, depuis plus d'un an que j'en passe, je ne les ai pas comptés, mais il serait temps que je sois prise quelque part sinon il ne restera bientôt plus aucune entreprise où je n'aurai postulé (non je n'exagère pas du tout). En tout cas avec tout ça, je commence à bien connaître Paris et sa banlieue.

Bientôt, peut-être, dans un mois, ou moins, ou plus, je sabrerai et sablerai le Champagne, et je dirai "au revoir Président" avec une dinde sur la tête. Je passerai chez l'ennemi ou bien je l'affronterai. Ma vie professionnelle prendra forme. Enfin. Ou pas.

mardi, 12 février 2008

Echec et mat

J'ai peur, car je ne supporterai pas un nouvel échec, un nouveau refus, une nouvelle veste...

A force de placer tous mes espoirs dans un seul rêve, dans quelque chose que je désire vraiment, de me focaliser dessus pendant des semaines voire des mois, de ne penser plus qu'à ça, et c'est ce ça qui me fait avancer, qui m'empêche de dormir la nuit mais qui m'aide à me lever le matin, la chute est incroyablement douloureuse. A chaque fois. Et pourtant, je recommence, je n'ai pas peur de me faire des films, sur écran géant, de me dire que cette fois c'est la bonne, même si je sais que rien n'est joué, que tout reste à faire, mais je n'y pense pas, je ne pense pas au plan B, j'y crois tellement fort. Je m'imagine en situation, je me projette si loin dans l'avenir dont je rêve, je m'y crois vraiment, oui, toujours bien trop tôt, mais la réalité hélas est souvent tout autre. Est-ce ça la vie, une succession d'espoirs qui font vivre, et de dés-espoirs qui anéantissent?

J'en ai tellement besoin pourtant, juste une fois, une fois, réussir à obtenir ou accomplir ce que j'ai vraiment désiré de tout mon coeur et de toute mon âme. Réussir quelque chose dans ma vie. Réussir ma vie, par ma volonté, plutôt que de me laisser porter par le courant. Choisir d'abord et être choisie ensuite.

On peut bien me dire "ça arrivera un jour..." : comment en être sûr? Aurai-je toujours la même énergie pour me battre?

Mon ego ne rebondira pas éternellement, j'en ai peur. Ego blessé, meurtri, anéanti parfois, le retour à la normale est toujours long et pesant. Arriverai-je toujours à me relever? 

Ne pas pleurer, surtout.

lundi, 04 février 2008

Tout vient à point...

Vous avez sans doute remarqué, attentifs lecteurs et lectrices que vous êtes, que fin 2007 et début 2008 m'ont connue d'une humeur plus que maussade. Entre mon sentiment d'être déjà trop vieille, de perdre mon temps sur fessebouc, d'être recalée pour le poste de mes rêves, de souffrir de maux de ventre, de me faire chier au boulot, et par la même occasion de délaisser ce blog tant désiré, j'ai quand même eu le temps de lire un bouquin génialissime. Il y a toujours des livres comme celui-ci dont la lecture provoque chez nous un déclic.

Cette fois-ci ce n'est ni Retour au pays natal, ni Les Liaisons Dangereuses, ni The Remains of The Day. Ce n'est pas même un roman, même s'il se lit comme tel. Le livre s'appelle Comment gérer les personnalités difficiles de François Lelord et Christophe André.

On parle de personnalité difficile, d'après les auteurs de ce livre, "quand certains traits de son caractère sont trop marqués, trop figés, inadaptés aux situations, et qu’ils entraînent souffrance pour soi-même ou pour autrui (ou les deux) ." Ca promettait déjà d'être intéressant.

Au fur et à mesure de la lecture attentive des chapitres sur les principales personnalités difficiles, j'ai donc cru me reconnaître tour à tour un peu dans chacune des descriptions: légèrement schizoïde (se tient en retrait des activités de groupe), un  brin parano (soupçonne les autres de mauvaises intentions), par trop anxieuse (soucis trop fréquents par rapport aux risques réels), avec une tendance obsessionnelle (exagérément attentive aux détails et aux procédures), voire dépressive (minimisant l'aspect positif de toute bonne nouvelle), souvent dépendante (ressent le besoin d'être sans cesse rassurée), et parfois passive-agressive (critique exagérément les figures d'autorité mais de manière détournée). Seules les personnalités histrionique et narcissique me semblaient relever d'un comportement totalement étranger au mien (quoique). Puis, fidèle à mes préceptes selon lesquels le meilleur vient toujours à la fin, tandis que je commençais le chapitre XI tout est devenu limpide. Le doute n'était plus permis. Tout se tenait, tout était cohérent, ma vie prit forme tout à coup. J'avoue même avoir du écraser quelques larmes, pas tant d'émotion que de soulagement d'avoir, du moins croyais-je et crois-je toujours, enfin mis un mot sur mon comportement qui peut parfois être source de tant de frustrations au quotidien.

" ...s'abstient d'agir ou d'entrer en relation avec les gens tant qu'il n'est pas assuré de leur bienveillance inconditionnelle à son égard", "sous évalue souvent ses capacités et dévalorise ses réussites", "évite les situations où elle craint d'être blessée ou embarrassée".

Dont acte. Auto-diagnostic: j'ai (une grosse partie) des symptômes de la personnalité évitante. Ou dit autrement,  je suis une phobique sociale. On est d'accord, dit comme ça c'est déjà beaucoup moins glam.

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