samedi, 19 avril 2008
Accusée, levez-vous
- Madame Nuement...
- Mademoiselle.
- Mademoiselle Nuement, nous avons reçu plusieurs plaintes au sujet de votre absence prolongée sur la période du 21 février au 4 avril 2008. Il me semble que vous nous devez quelques explications, ainsi qu'à vos lecteurs et lectrices. Pouvez-vous nous dire où vous étiez pendant tout ce temps?
- A Paris, inspecteur.
- Tout le temps ?
- Oui, quasiment.
- Quasiment ?
- En fait, jusqu'au 14 mars, je travaillais hors de Paris en zone 3 de la carte orange. J'y suis également retournée le 17 mars et le 28 mars pour déjeuner avec 4 de mes anciens collègues.
- Et après?
- J'ai aussi du me rendre en banlieue le 25 février pour rencontrer unE colonel de l'armée de l'air et un capitaine de frégate, et le 18 mars je me suis rendue à l'hopital des armées à Saint-Mandé dans le Val de Marne, au bout de la ligne de métro 1, en zone 2. Et j'ai également passé 3 jours pour le Week-End de Pâques chez mes parents.
- Vous semblez entretenir une certaine proximité avec l'armée? Etes-vous habilitée secret défense?
- Non, mon lieutenant. J'ai failli, mais je suis G3. Mais je vais de toutes façon contester cette décision de mes deux (ovaires haha). J'ai d'ailleurs l'entier appui de ma médecin traitant gynécologue qui trouve ça parfaitement pipeau et scandaleux. De toutes façons la gynécologie ça va disparaître, alors (aucun rapport).
- Je vois. Mais qu'est ce qui vous a empêché d'écrire sur ce blog? Vous n'aviez plus d'accès Internet?
- Si si, mais le 25 mars j'ai chopé une rhino-pharyngite.
- Vous vous foutez de moi.
- Non, j'ai été clouée au lit avec 38 de fièvre jusqu'au 28 mars.
- La n'est pas la question! Vous n'avez pas été malade pendant UN MOIS ET DEMI ! Qu'avez vous fait pendant tout ce temps?!
- Le 1er avril j'ai commencé un nouveau travail.
- C'est une blague?
- Non même pas.
- Mais avant le 1er avril?
- Je vous l'ai dit, j'ai passé des entretiens, et des examens médicaux.
- Des entretiens? Vous ne m'en avez parlé que d'un.
- Eh bien celui dont je vous ai parlé, mais également celui pour mon nouveau boulot, le 17 mars. Vous ne croyez quand même pas que j'ai trouvé ce travail en claquant des doigts.
- D'accord d'accord. Mais ça n'explique pas cette absence interminable. Je vous le répète, nous avons reçu plusieurs plaintes à ce sujet.
- Pour être honnête, ce blog a souffert de mon absence de façon proportionnelle au stress dont j'ai été victime pendant cette période.
- Et pourquoi celà?
- Vous savez, ça n'a pas été facile. J'ai du gérer ma démission, ce qui n'était pas gagné, car j'ai pris le risque de démissionner sans avoir de poste assuré pour la suite. Sans compter que ma boîte ne voulait pas me laisser partir. Bon an mal an, je leur ai claqué ma lettre de dém le 10 mars. Pour le 14.
- En effet, vous êtes un peu inconsciente.
- Non, confiante c'est différent. Et sûre de moi (RIRES). Enfin, vraiment, ça n'a pas été facile, vous savez, j'ai du faire un choix entre deux postes, et heureusement j'ai choisi le bon car sinon aujourd'hui je serais au chômage et verte de rage.
- Bien. Et aujourd'hui, votre vie est-elle redevenue normale?
- Oui, le Week-end dernier je l'ai passé à Montpellier. J'ai gagné un an de plus, je sors du boulot à 19h, je fais toujours des soirées nouvelle star, et je me suis acheté un deuxième chemisier Lacoste. Mardi dernier je suis allée voir la pièce Confidences de et avec Florence d'Azémar au théâtre des Mathurins. Et en ce moment j'écoute l'album de The Do. Et j'attends avec impatience la fin du mois car mon compte en banque flirte avec le niveau de la mer. Et ce soir je vais regarder Kyle XY sur M6.
- Tout se passe bien dans votre nouveau travail, vous ne vous êtes pas fait d'ennemis?
- Pas encore. Au contraire on m'a même déjà dit que j'avais l'air d'une cruche "toute gentille". Il a fallu que je dise que j'étais bélier ascendant lion pour susciter la méfiance.
- Ah bon?
- Oui, vous savez on m'aime bien en général, à l'école j'étais toujours la fayote de service chouchoute des profs. Mais ca viendra peut-être, si je suis amenée à faire des contrôles un jour. Vous savez, inspecteur, ce n'est pas un métier où l'on se fait des amis. Mais ça ne me dérange pas, j'ai ça dans la peau.
- Oui, Madame Nuement, s'il y a une chose que j'ai bien compris, c'est que vous étiez une chieuse née.
- Mademoiselle.
- Très bien, Mademoiselle Nuement, ça ira pour cette fois, mais que cela ne se reproduise plus.
- La qualité, Monsieur l'Inspecteur, prime sur la quantité.
- Bien. Dans tous les cas, prenez soin de vous.
- Parfait Monsieur l'inspecteur, je m'en souviendrai, merci encore et à bientôt.
- Au revoir, Mademoiselle Nuement.
- Au revoir, Monsieur l'inspecteur.
19:56 Publié dans Outrecuidamment | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : travail, blog, écriture, absence, lesbienne, theatre, week end
mercredi, 03 octobre 2007
The post-vacances déprime white sheet (shit)
Je savais bien que ça arriverait un jour ou l'autre, mais si tôt, sûrement pas.
Pourtant je pourrais écrire un post sur mes magnifiques vacances, illustré par l'une (ou plusieurs) des 380 photos prises à cette occasion (soit une moyenne de 24 photos par jour, une par heure), évoquer le crocodile rose accroché aux maisons vénitiennes, l'ourson doré avec lequel je suis tombée nez à nez, le surprenant "Salviamo Ingrid Betauncourt" (sic), ou encore la tête de mort en boîtes de conserves, la statue enroulée dans du cellophane, le Playmobil géant croisé au détour d'une rue ou bien encore les grappes de cadenas, dernière trouvailles des amoureux pour se jurer fidélité, dixit le Routard.
Je pourrais décrire les paysages grandioses si j'avais du talent, faire des éloges des transports gréco-romains si j'étais moqueuse, vanter les bienfaits de leur cuisine si ce n'était plus ou moins déjà fait ou bien déplorer la multiplication de touristes beaufs tatoués (je n'ai rien contre les tatouages, loin de là) si j'étais râleuse médisante.
Je pourrais aussi parler de la reprise du boulot, ce matin, des problèmes de RER, de l'oubli de mon badge, et de ma journée interminable qui m'a permis de dépiler mes 243 mails non lus, d'assister à une courte réunion d'une heure et demie qui m'a permis d'apprendre qu'enfin j'aurais du boulot vendredi, de manger un sandwich, toujours aussi bon, de ce fameux restaurant alter-diétético-bio-équitable qui me manquera énormément quand je quitterai cette mission ce boulot, de tenter de battre le record de plus de 51000 points de ma chef à Zookeeper, de répondre à 1 offre d'emploi sur Internet, d'imprimer CV et LM pour une autre offre d'emploi et de descendre 2 étages pour aller chercher un verre d'eau à ces fichues fontaines que des abrutis s'escriment à vider en remplissant leurs bouteilles 5 fois par jour.
Mais non là, rien, pas envie, pas d'inspiration, de toutes façons personne pour lire, alors à quoi bon.
Bon, ça va mieux en le disant.19:30 Publié dans Outrecuidamment | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, de tout et de rien
vendredi, 31 août 2007
Ca y est ...
Comme c’est bon d’être chez soi à 17h10, après une journée éprouvante d’ennui, de lassitude, de frustration, d’inutilité, de désespoir… Bref, tout ce que le monde du travail peut apparemment nous offrir de pire, sans oublier le harcèlement, la pression, le surmenage, dont je ne suis heureusement pas victime actuellement.
Je profite donc de ce temps libre pour me lancer. Trois ans, déjà, que j’y pense. Et je franchis ce dernier pas aujourd’hui. Pour quelle raison… Je ne l’explique pas exactement. Un gros manque que je ne parviens à combler, manque qui était jusqu’à récemment comblé par des activités annexes que j’ai été contraintes soit d’arrêter soit de freiner considérablement. Ce serait cependant une erreur de croire que ce blog suffira à combler ce vide. Tiendra t-il lieu d’une sorte de thérapie alors ? une blogothérapie. Probablement un peu. Grand pas pour la femme mais petit pas pour l’humanité, petit acarien perdu sur la toile mondiale, ce blog tentera néanmoins de me procurer une certaine ouverture, un souffle d’air sur le monde, sur ma vie.
Nous verrons bien alors. Après avoir passé autant de temps à réfléchir sur son contenu, son utilité et sa finalité, c’eût été dommage tout de même de ne pas le faire naître, quelle que soit sa forme définitive.
5 janvier 2005
BLOG, relais du journal intime qu’autrefois je tenais, lui-même inconsciemment – ou non - substitué par l’écriture de textes, chansons, musiques… à leur tour remplacés par le ronron de la vie de tous les jours, l’abandon de soi aux dépens du quotidien et de ses tracas (im) matériels, puis aujourd’hui, dix ans après : retour aux sources… certes quelque peu modernisées. Souhaitant probablement combler un manque quelconque… non encore identifié clairement. Vraisemblablement ce fameux manque, source de moultes théories philosophiques et psychanalytiques.
Et ceci, finalement, d’après une suggestion de ma copine S., non pas d’écrire un blog, mais tout simplement un journal. Moi-même fortement aidée et inspirée par la richesse émergente de la blogosphère, j’en conviens. Copy cat.
Aidée sans doute également par ce fantasme que j’ai dû avoir un jour de publier mes écrits d’adolescente « perturbée » -autrement dit normale-, de faire partager l’approche naïve que j’avais du monde, mes expériences futiles ou plus douloureuses… Histoire de… laisser une trace, aussi insignifiante et volatile soit-elle. Pourquoi pas même de rendre modestement service, aussi minime soit-il. Rêve secret d’être reconnue et de finalement digérer cette fausse timidité qui peut s’avérer tellement handicapante… D’où mon premier sous-titre « Il faut oser où se résigner à tout » (qui change au gré de ma lassitude), ironiquement illustré de mon nombril. Sûrement aussi une certaine volonté (besoin ?) d’appartenance, appartenance à un tout numérique non délimité, donc duquel j’ai le droit, naturellement et sans complexes, de faire partie ; envie légitime (pathétique ?) d’exister dans ce monde qui a contribué de toutes parts à construire ma vie actuelle ; identification à une citoyenneté parallèle ; envie de tisser des liens d’une nature différente ; (re)connaissance artificielle à défaut de reconnaissance dans le monde matériel. Besoin de s’exprimer plus facilement peut-être aussi.
Même envie que celle qui me poussait parfois à discuter de tout, de rien, de mes problèmes existentiels avec des inconnus sur un salon de tchat quelconque, sans doute également une forte part d’exhibitionnisme, de mégalomanie paradoxalement tant critiqués par moi-même… que sais-je encore… envie également de se rapprocher de personnes qui ne me connaissent guère… voire pas du tout. Ou de personnes qui ne me connaîtront jamais autrement que par ce biais.
Peut-être aussi, (et à ce jour je dirais même surtout) un objectif, un défi lancé à moi-même qui ne m’implique certes pas beaucoup ou au contraire énormément, tout dépend de la façon dont on considère les choses, défi de réussir à concentrer mon attention sur un processus continu, me forcer à réfléchir, ressentir, exprimer, et écrire un truc relativement censé quelques jours par semaine/mois/année….
Peut-être envie d’enfouir ce « Vous ne construisez rien et vous perdez votre temps » qui pourrait très bien, avec une certaine lucidité et un recul raisonnables, s’appliquer à l’ensemble de ma vie.
Peut-être aussi en ai-je marre de glander toute la journée chez moi, censée devoir me motiver pour travailler, les fins de mes journées toutes semblables me ramassant à la pelle, non seulement coupable de n’avoir rien fait, mais en plus, pathétiquement épuisée de mon inertie constante.
Peut-être tout simplement envie d’avoir au moins une bonne résolution en ce début d’année 2005.
Ce blog, durera-t-il ? Hum... Tous les jours ? Probablement pas. Motivation, excitation, bonne volonté du commencement céderont sans doute leur place à la lassitude, la page blanche du très modeste écrivain et la désillusion, ces mêmes raisons qui m’ont fait arrêter le journal traditionnel… Ou bien… Ai-je changé un tant soit peu… ? Ou encore… Existera-t-il un autre lien… motivé par ce partage hypertextuel inexistant sur simple papier ? Peut-être aurai-je la réponse un jour. Je le souhaite, mais j’ai si peur d’être déçue. Qui vivra verra.
19:00 Publié dans Outrecuidamment | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : blog, écriture



