samedi, 15 décembre 2007
Le taxi était une femme
Je n'avais pas mis les pieds en boîte ou assimilé depuis plus de sept ans. Je n'avais jamais vraiment connu les nuits parisiennes. Oh bien sûr, j'étais déjà sortie boire des verres au Troisième Lieu ou vu des concerts à la Flèche D'or, mais je n'avais jamais dansé à Paris.
Hier, c'était la soirée Nun Sex Moon concoctée par Barbi(e)turix à l'Alimentation générale. J'imaginais un monde fermé, ingrat et belliqueux, rempli exclusivement de jeunes lesbiennes d'une vingtaine d'années over fashion. J'y ai découvert le contraire, ces corps qui s'effleurent, masculins, féminins, jeunes depuis peu ou jeunes depuis plus longtemps, hétéros, homos, bis, alchimie des genres comme nulle part ailleurs. J'ai réussi à concevoir qu'il était possible de ne pas se sentir seul.
J'y ai croisé l'ex de l'ex de mon ex. Comme à la soirée L Word et au FFGLP. S. lui a demandé son e-mail, ou était-ce son myspace, pour quelle raison? Impossible à dire car je n'entendais rien, étaient-ce la faute aux vapeurs d'alcool ou au bruit, sans doute un peu des deux. De toutes façons le petit papier est perdu.
"T'as vu celle-là comment elle danse? En plus elle se la pète avec sa coupe de fashion vicitime. Par contre je me ferais bien sa copine."
"Tain elle est mimi elle, sa copine c'est un gros boulet, j'ai peut-être mes chances" (copyright S.)
A 3h10, après un détour par le distributeur, nous sautions dans un taxi, au nez à la barbe d'autres noctambules. La dure loi des taxis. Je surveillais S. du coin de l'oeil, sans trop en faire afin de ne pas effrayer la conductrice.
"-Ca doit vous changer hein, la musique ? C'est pour ça que vous rigolez? me demanda la conductrice en m'observant dans son rétroviseur.
-C'est vrai que ça change. Mais c'est parce que je n'ai pas l'habitude de voir une télé dans un pare-soleil. C'est quelle chaîne?
-C'est un DVD.
-Ca change aussi d'avoir une femme taxi. C'est la première fois. Hein, S., pour toi aussi c'est la première fois? Vous ne devez pas être nombreuses?
-Non, c 'est vrai."
Sur son écran, les africaines se trémoussaient au son des tams tams. Je souriais de bonheur, de béatitude. En prime je devenais sociable et presque sympathique. Je me sentais bien. Je n'avais pas passé une aussi bonne soirée depuis très longtemps. En avais-je déjà passé une d'ailleurs? Comme ma crème de nuit, les nuits parisiennes m'hydratent et me régénèrent.
Bien sûr tout cela ne s'est pas fait sans douleur.
D'abord pour S. qui a été malade. Après un verre de rouge, une vodka pure, deux vodkas pomme, une vodka caramel, une pinte de bière et deux verres punchs, après tout, rien de bien étonnant.La douleur n'a pas épargné non plus le portefeuille. Resto, bar, boîte, taxi, heureusement qu'il n'y a jamais plus de cinq week-ends dans un mois, sinon il faudrait vraiment que je travaille plus pour continuer à ce rythme.
Et puis à cause de mon réveil tardif, j'ai séché le second forum de la rénovation du PS, "les socialistes et le marché". A l'heure où je me suis révéillée, François Hollande concluait (le forum). Et j'avais raté depuis longtemps Anne Hidalgo, elle qui m'avait un beau jour de juin saluée du haut de son char.
Il m'aura fallu vingt-huit ans et des poussières, mais pour la première fois, pour ma première vrai nuit parisienne, je me suis sentie bien avec moi-même.
17:24 Publié dans Paris, il tonne... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : paris, nuit, boite, lesbiennes, alcool
mardi, 11 décembre 2007
Coeur de Parisienne
A chaque fois que l'on me parlait de toi, l'envie de faire ta connaissance grandissait. Mais j’étais convaincue que tu n’étais pas pour moi, trop compliquée. La première fois que je t’ai vue, je t’ai tout de suite trouvée mystérieuse, attirante, pleine de charme. Puis j’ai fini par me jeter à l’eau, et je ne l’ai jamais regretté.
Le matin, au lever du soleil, il m’est souvent arrivé d’être émue par ta beauté. Après deux ans et demis aujourd’hui de vie commune, les larmes me sont presque venues lorsque je t’ai découverte un jour, sereine, dénudée, rien qu’à moi. Pourtant tu peux être si dure parfois, cruelle et sans pitié. Toi qui souffres d’insomnies, les nuits à tes côtés sont éreintantes, mais finalement si douces et tellement enrichissantes. Je découvre la vie en ta compagnie. Tous les jours ta présence m’apporte quelque chose de nouveau.
Quand je pars loin de toi, je suis heureuse de te retrouver. Pourtant au début tu me faisais très peur. J’ai cru à un improbable défi, tu me semblais impénétrable, inabordable. J’avais l’impression que je n’arriverais jamais à te connaître complètement, à te cerner, que je me perdrais en toi. Aujourd’hui, je te connais bien mieux, et je crois que je peux le dire : je t'aime, Paris.
21:52 Publié dans Paris, il tonne... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : paris
jeudi, 18 octobre 2007
Ma grève à moi... j'pourrais y passer la nuit
Ce matin, 6h, réveil une heure plus tôt que d'habitude, après une nuit très agitée, excitée que j'étais par ce périple longuement préparé. Départ à 6h30: eh oui, j'étais pressée de vérifier mes prédictions: je pariais sur le fait que tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes. (Serais-je en train de devenir optimiste ?).
A peine arrivée à ma station, j'entends un bruit de métro, vite je cours, ouf c'était dans l'autre sens. Veinarde en plus. Trois minutes d'attente et un strapontin. Tout roule. Changement de métro, deux minutes d'attente, un siège, parfait, la RATP est avec moi ! Arrivée à la Défense, les magasins fermés, personne, le jour n'était pas encore levé, ni les parisiens, c'était beau, les lumières, la grandeur, le vide, la nuit. Un quart d'heure de marche plus tard, à 7h30 mon ordinateur était allumé.
Le retour, ce fut une autre histoire. Je trouve une place assise, la rame part dix minutes après, ou était-ce une demie heure, je ne sais pas. Les gens avaient bien eu le temps en tout cas de s'agglutiner dans la rame comme des insectes sur du papier tue-mouches.
Une nana debout, quasi sur mes genoux, me dit "si ça continue je vais vous tomber dessus!" Ne vous gênez pas ! :o) "Je veux bien vous proposer mes genoux, mais je vous préviens je suis lesbienne", ai-je failli lui dire.
Le jeune type debout devant moi, on lui voyait les poils des fesses. L'écouteur de son baladeur pendait de tout son long de la poche de son sac à dos.
Le type assis à côté de moi, qui lisait "la philosophie pour les nuls", très prévenant, a pris l'écouteur, délicatement l'a remis dans la poche du sac à dos, puis le reste du fil, et a même pris soin de refermer le zip de la poche. Ni vu ni connu.
La petit lycéenne, qui, après avoir disserté avec ses deux camarades sur les différentes façons de se suicider proprement, s'étonne: "je pensais pas que ça serait aussi pire (sic). Au moins j'aurai des choses à raconter ce soir !". (Sur ton skyblog ahah ptdrrr !) Elle n'était sans doute pas née en 1995 au moment des grèves (que d'ailleurs moi même je n'avais pas connues puisque je n'habitais pas Paris!) Euh, j'exagère un peu, en tout cas, elle ne s'en souvenait pas, c'est sûr (gluurps, moi j'avais 16 ans). "C'est bien d'être grand des fois !" me dit-elle, la tête sous mon aisselle droite. Je ne suis qu'une méchanteuuh.
La petite brune planquée derrière moi, "arrêtez madame, là vous m'écrasez, vous pouvez pas descendre ?" Madame?? mais elle m'a bien regardée? "Ben non je fais ce que je peux, je suis désolée." "Je suis claustro ça va pas". Alors, prise de pitié, me découvrant une âme de mère Thérésa, j'entamai la conversation pour lui changer les idées : "Vous descendez où? ah ça va, plus que trois stations ! En plus vous êtes près de la porte, ça devrait aller pour sortir !"
Evidemment, il y a toujours les types qui veulent entrer et qui, avec seulement un pied dans le métro n'en démordent pas, et évidemment empêchent les portes de se fermer et donc le train de partir. Mais il y a aussi le gentleman qui dit "bon attendez, je vais descendre" pour leur laisser la place et pour que le train parte enfin. Heureusement il n'a pas eu à se sacrifier car le chauffeur est sorti de sa cabine pour les sermonner : "Si vous vous poussez pas, je ne pars pas". Quand je vous le dis !
Il y a le brouhaha indescriptible de l'autre côté du quai lorsqu'au bout de trente minutes, la rame tant attendue de ces malheureux arrive enfin, le brouhaha se transforme en cris, les "la porte !" "pardon!", "laissez descendre !", "arrêtez de pousser!" ou "ça rentre plus!", et inévitablement, les éclats de rire qui en découlent de notre côté du quai, mais rires teintés de jaunes et d'angoisse, à l'idée que bientôt ça va être notre tour. Et les sourires amusés de certains, écrasés contre leur vitre, qui nous regardent d'un air de dire : "vous allez voir..."
Les trépidations cardiaques à l'approche de la rame de métro qui arrive bondée, les gens qui prennent une grande bouffée d'air, ceux qui s'écartent du bord du quai, de peur de tomber sur les voies, ceux qui disent "non c'est pas possible moi j'y vais pas". On sent monter le stress. Il va y avoir du sport ! A vos marques, prêts..
Il y a aussi les éclats de voix, les "fights" comme disait ma lycéenne, entre gens échauffés, énervés, qui sans doute se sont bousculés plus que d'accoutumée. Mais instantanément des huées montent de la rame entière, comme pour leur signifier à l'unisson: "arrêtez, on est des gens civilisés, ça sert à rien, on est tous dans la même galère".
Bref, une solidarité, une convivialité impensable en temps normal, qui me fait dire que les français ont beau être des râleurs et répéter à longueur de temps "ils nous font chier avec leur grève", je suis persuadée de ne pas être la seule à m'être amusée ce 18 octobre 2007.
18:35 Publié dans Au pays d'Yzokras et Enéloges | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grève, vive la vie, actualité, paris, france
mercredi, 17 octobre 2007
Il me semble que la misère sera moins pénible en province...
Aujourd'hui, c'est la journée mondiale du refus de la misère.
(C'est d'ailleurs pour ça que les syndicats ont décidé de repousser la grève au 18 octobre, puisqu'elle était initialement prévue le 17 octobre. Je trouve ça très classe.
La finale de la coupe du monde de rugby (et la petite finale) passent donc après. C'est un soulagement. Et pourtant... Qui sponsorise l'événement déjà? Ca la fout mal quand même: la SNCF sponsorise la coupe du monde... Mais vous ne pourrez pas y aller en train ! Heureusement pour eux qu'il n'y a pas (encore) de concurrents au transport de voyageurs, ils se frotteraient bien les mains sinon.)
Mais demain par contre... c'est la misère ! (copyright S.)
Vous allez faire comment, vous, pour aller travailler? (Plusieurs réponses possible)
A- PFF ils nous font chier ces salauds de nantis, tous des fainéants, vous posez l'un de vos 25 RTT. Et vous reculez de 3 cases.
B- Vous habitez en province, vous n'êtes pas concernés, de toutes façons c'est encore un truc de parisiens ça. Vous allumez France 3 régions.
C- Comme tous les jours, vous participerez allègrement au réchauffement de la planète grâce à votre 4x4 Diesel. Vous restez 3h dans les bouchons.
D- Vous kidnappez un vélib dès ce soir pour être sûr d'en avoir un demain. Vous prenez une amende de 30 euros.
E- Vous vous levez à l'aube pour espérer attraper le seul wagon à bestiaux qui circulera, à 5h42. Vous dormez 3h cette nuit là.
F- Vous êtes cheminot(e), donc vous avez déjà déposé votre préavis de grève. Vous travaillez 3 ans de plus.
G- Vous êtes un(e) anti-social(e) chronique, donc de toutes façons, ce n'est qu'un jour de plus où vous ne mettrez pas le nez dehors. Vous avalez 3 Prozac.
H- Pour aller quoi? Travailler? Encore faudrait-il que vous ayiez un boulot. Vous touchez une prime de 3 euros.
18:30 Publié dans Au pays d'Yzokras et Enéloges | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : grève, paris, france, actualité
dimanche, 02 septembre 2007
Allô Maman, je suis une bobo
- Ce matin j’ai fait mes courses au marché bio du boulevard Raspail.
- Je porte un jeans troué, mais uniquement le dimanche. Quand il fait plus chaud je mets des tongs.
- Tous mes amis ont au moins un bac + 5 (presque tous, bon les autres ne comptent pas, ils habitent en Province).
- J’habite Rive Gauuuuuuche, involontairement certes, mais ça me plaît.
- Tous mes produits d’hygiène sont bios et préconisés par Greenpeace.
- Je joue de la guitare, parfois.
- Le tri sélectif n’a plus de secret pour moi (j’ai encore un doute sur les tubes de dentifrice).
- J’ai revendu ma voiture et je ne me déplace qu’en transports en commun (parce que j’ai peur à vélo à Paris).
- Je mets des converse blanches avec un pantalon noir.
- Je suis lesbienne (bahhhhhhhh c’est dégueeeuuuuu).
- Avec ma copine on fait pousser des légumes sur le rebord de la fenêtre. Par contre les fruits n'ont apparemment pas été fécondés.
- Je mange beaucoup de soja, peut-être que je ne devrais pas, car je n'arrive toujours pas à savoir si oui ou non c'est bon contre le cancer du sein.
- Je donne souvent aux mendiants (je n'ai pas trouvé de terme plus sympa) parce que ça me donne bonne conscience.
- Ah et je pars en vacances en septembre. Bientôt.
16:55 Publié dans Paris, il tonne... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : bobo, paris



