dimanche, 18 mai 2008

Non merci

Samedi matin en sortant de chez le coiffeur, un type m'a demandé si je cherchais "du boulot en ce moment".

"Moi, du boulot?!! Non merci !"

Je regrette de ne pas lui avoir demandé de quel boulot il s'agissait. Du coup, mes plus gros fantasmes ont pris le dessus: Call girl de luxe? Serveuse dans un bar lesbien? Mannequin? Actrice? Strip-teaseuse sur un char de la gay pride? Tatoueuse pierceuse? Rock-star?

Ben oui quoi, tant qu'à faire, autant essayer d'auto flatter mon ego. Avec ma coupe de cheveux toute fraîche et toute tendance, c'était peut-être un truc dans ce genre.

Ou alors femme sandwich pour SFR. Standardiste. Equipière au Mac Do. Distributrice de flyers pour Nivéa ou L'oréal. 

Finalement, je préfère ne pas savoir. 

samedi, 19 avril 2008

Accusée, levez-vous

- Madame Nuement...

- Mademoiselle.

- Mademoiselle Nuement, nous avons reçu plusieurs plaintes au sujet de votre absence prolongée sur la période du 21 février au 4 avril 2008. Il me semble que vous nous devez quelques explications, ainsi qu'à vos lecteurs et lectrices. Pouvez-vous nous dire où vous étiez pendant tout ce temps?

- A Paris, inspecteur.

- Tout le temps ?

- Oui, quasiment.

- Quasiment ?

- En fait, jusqu'au 14 mars, je travaillais hors de Paris en zone 3 de la carte orange. J'y suis également retournée le 17 mars et le 28 mars pour déjeuner avec 4 de mes anciens collègues.

- Et après? 

- J'ai aussi du me rendre en banlieue le 25 février pour rencontrer unE colonel de l'armée de l'air et un capitaine de frégate, et le 18 mars je me suis rendue à l'hopital des armées à Saint-Mandé dans le Val de Marne, au bout de la ligne de métro 1, en zone 2. Et j'ai également passé 3 jours pour le Week-End de Pâques chez mes parents.

- Vous semblez entretenir une certaine proximité avec l'armée? Etes-vous habilitée secret défense?

- Non, mon lieutenant. J'ai failli, mais je suis G3. Mais je vais de toutes façon contester cette décision de mes deux (ovaires haha). J'ai d'ailleurs l'entier appui de ma médecin traitant gynécologue qui trouve ça parfaitement pipeau et scandaleux. De toutes façons la gynécologie ça va disparaître, alors (aucun rapport).

- Je vois. Mais qu'est ce qui vous a empêché d'écrire sur ce blog? Vous n'aviez plus d'accès Internet?

- Si si, mais le 25 mars j'ai chopé une rhino-pharyngite. 

- Vous vous foutez de moi.

- Non, j'ai été clouée au lit avec 38 de fièvre jusqu'au 28 mars.

- La n'est pas la question! Vous n'avez pas été malade pendant UN MOIS ET DEMI ! Qu'avez vous fait pendant tout ce temps?!

- Le 1er avril j'ai commencé un nouveau travail.

- C'est une blague?

- Non même pas. 

- Mais avant le 1er avril?

- Je vous l'ai dit, j'ai passé des entretiens, et des examens médicaux.

- Des entretiens? Vous ne m'en avez parlé que d'un.

- Eh bien celui dont je vous ai parlé, mais également celui pour mon nouveau boulot, le 17 mars. Vous ne croyez quand même pas que j'ai trouvé ce travail en claquant des doigts.

- D'accord d'accord. Mais ça n'explique pas cette absence interminable. Je vous le répète, nous avons reçu plusieurs plaintes à ce sujet.

- Pour être honnête, ce blog a souffert de mon absence de façon proportionnelle au stress dont j'ai été victime pendant cette période.

- Et pourquoi celà? 

- Vous savez, ça n'a pas été facile. J'ai du gérer ma démission, ce qui n'était pas gagné, car j'ai pris le risque de démissionner sans avoir de poste assuré pour la suite. Sans compter que ma boîte ne voulait pas me laisser partir. Bon an mal an, je leur ai claqué ma lettre de dém le 10 mars. Pour le 14.

- En effet, vous êtes un peu inconsciente.

- Non, confiante c'est différent. Et sûre de moi (RIRES). Enfin, vraiment, ça n'a pas été facile, vous savez, j'ai du faire un choix entre deux postes, et heureusement j'ai choisi le bon car sinon aujourd'hui je serais au chômage et verte de rage.

- Bien. Et aujourd'hui, votre vie est-elle redevenue normale?

- Oui, le Week-end dernier je l'ai passé à Montpellier. J'ai gagné un an de plus, je sors du boulot à 19h, je fais toujours des soirées nouvelle star, et je me suis acheté un deuxième chemisier Lacoste. Mardi dernier je suis allée voir la pièce Confidences de et avec Florence d'Azémar au théâtre des Mathurins. Et en ce moment j'écoute l'album de The Do. Et j'attends avec impatience la fin du mois car mon compte en banque flirte avec le niveau de la mer. Et ce soir je vais regarder Kyle XY sur M6.

- Tout se passe bien dans votre nouveau travail, vous ne vous êtes pas fait d'ennemis?

- Pas encore. Au contraire on m'a même déjà dit que j'avais l'air d'une cruche "toute gentille". Il a fallu que je dise que j'étais bélier ascendant lion pour susciter la méfiance.

- Ah bon?

- Oui, vous savez on m'aime bien en général, à l'école j'étais toujours la fayote de service chouchoute des profs. Mais ca viendra peut-être, si je suis amenée à faire des contrôles un jour. Vous savez, inspecteur, ce n'est pas un métier où l'on se fait des amis. Mais ça ne me dérange pas, j'ai ça dans la peau. 

- Oui, Madame Nuement, s'il y a une chose que j'ai bien compris, c'est que vous étiez une chieuse née.

- Mademoiselle.

- Très bien, Mademoiselle Nuement, ça ira pour cette fois, mais que cela ne se reproduise plus.

- La qualité, Monsieur l'Inspecteur, prime sur la quantité.

- Bien. Dans tous les cas, prenez soin de vous.

- Parfait Monsieur l'inspecteur, je m'en souviendrai, merci encore et à bientôt.

- Au revoir, Mademoiselle Nuement.

- Au revoir, Monsieur l'inspecteur.

 

jeudi, 21 février 2008

Inspecteur ou lieutenant...

C'est ce qui m'attend. Ou pas. L'un ou l'autre, ou bien les deux, qui sait. Ou aucun des deux. Est-ce que pour une fois, je serai la plus qualifiée pour un poste, et non plus le second choix, voire le troisième ou le quatrième ?

Sacrifice ultime. Contrôle sur place. Arme nucléaire. Délit d'initié. Marchés financiers. On secoue tout ça dans le tricorne et on tire au sort. Ou pas.

"Pensez-vous qu'il faille attaquer l'Iran?"

 Superbe vue sur le Sacré Coeur.

"Vous faites des cauchemars à quelle fréquence?"

La petite montgolfière devient toute trouble.

"Qu'avez vous retenu de l'actualité des derniers mois?"

Un sacré gap au niveau salaire, quand même.

"Quelles sont vos prétentions salariales ?"

Le quartier est vraiment chouette. 1700 euros le 70m².

"Que pensez-vous apporter à ce poste?"

Ils sont tous super bien sapés ici...

Hop hop, les entretiens d'embauche avec les opérationnels, les chargés de recrutement ou autres psychologues n'ont plus de secret pour moi. Toujours ce petit trémolo dans la voix au début, ce souffle court, mais toujours un petit brin d'humour, une dose de sang froid, de l'assurance bientôt? Qui sait. En tout cas ça me fait le plus grand bien. C'est indéniable. Je finis par les apprécier, ces entretiens. Pas deux qui se ressemblent.  

D'ailleurs, depuis plus d'un an que j'en passe, je ne les ai pas comptés, mais il serait temps que je sois prise quelque part sinon il ne restera bientôt plus aucune entreprise où je n'aurai postulé (non je n'exagère pas du tout). En tout cas avec tout ça, je commence à bien connaître Paris et sa banlieue.

Bientôt, peut-être, dans un mois, ou moins, ou plus, je sabrerai et sablerai le Champagne, et je dirai "au revoir Président" avec une dinde sur la tête. Je passerai chez l'ennemi ou bien je l'affronterai. Ma vie professionnelle prendra forme. Enfin. Ou pas.

mardi, 12 février 2008

Echec et mat

J'ai peur, car je ne supporterai pas un nouvel échec, un nouveau refus, une nouvelle veste...

A force de placer tous mes espoirs dans un seul rêve, dans quelque chose que je désire vraiment, de me focaliser dessus pendant des semaines voire des mois, de ne penser plus qu'à ça, et c'est ce ça qui me fait avancer, qui m'empêche de dormir la nuit mais qui m'aide à me lever le matin, la chute est incroyablement douloureuse. A chaque fois. Et pourtant, je recommence, je n'ai pas peur de me faire des films, sur écran géant, de me dire que cette fois c'est la bonne, même si je sais que rien n'est joué, que tout reste à faire, mais je n'y pense pas, je ne pense pas au plan B, j'y crois tellement fort. Je m'imagine en situation, je me projette si loin dans l'avenir dont je rêve, je m'y crois vraiment, oui, toujours bien trop tôt, mais la réalité hélas est souvent tout autre. Est-ce ça la vie, une succession d'espoirs qui font vivre, et de dés-espoirs qui anéantissent?

J'en ai tellement besoin pourtant, juste une fois, une fois, réussir à obtenir ou accomplir ce que j'ai vraiment désiré de tout mon coeur et de toute mon âme. Réussir quelque chose dans ma vie. Réussir ma vie, par ma volonté, plutôt que de me laisser porter par le courant. Choisir d'abord et être choisie ensuite.

On peut bien me dire "ça arrivera un jour..." : comment en être sûr? Aurai-je toujours la même énergie pour me battre?

Mon ego ne rebondira pas éternellement, j'en ai peur. Ego blessé, meurtri, anéanti parfois, le retour à la normale est toujours long et pesant. Arriverai-je toujours à me relever? 

Ne pas pleurer, surtout.

jeudi, 03 janvier 2008

Adieu, année du cochon

Ce qui rend la douleur encore plus difficile à supporter, je crois que c'est le fait de ne pas savoir quand elle va s'arrêter.

Eh bien, au boulot c'est pareil.
Je le supportais bien mieux quand je me disais que j'allais bientôt le quitter. J'y allais même parfois de bonne humeur, me disant qu'il ne me restait plus si longtemps que ça à tirer... avec des jours meilleurs en pespective. Maintenant, ne pas savoir quand cette attente prendra fin, cela rend les choses beaucoup moins agréables. Je ne peux qu'espérer que cette attente finisse en cette année qui s'ouvre. Et pourtant je suis parfaitement consciente qu'il ne faut pas passer sa vie à attendre des lendemains meilleurs. Mais quand même... C'est comme si on se résignait à avoir Sarko comme Président, qu'on se dise "finalement c'est pas si mal", et qu'on s'interdise de penser à Ségolène Présidente en 2012.

Mon année 2007 fut une année entière passée dans le monde du travail, une année entière sans user le fond de mon jeans sur un banc de fac ou d'école. Ca ne m'était pas encore arrivé. Une année, donc, entière, à avoir l'impression de perdre mon temps. A me souvenir des rares journées où je rentrais le soir, contente, car ma journée avait été occupée de façon intéressante. Allez, comptons large: les dix doigts de la main suffisent pour les compter.
Une année entière ou presque, à chercher un autre travail. Une quinzaine d'entretiens pour une dizaine d'entreprises différentes. Une proposition d'embauche, que j'aurais du accepter tout de suite. Mais finalement mon hésitation n'était sans doute pas innocente.
 
La seule chose positive côté professionnel, c'est sans doute le fait que je ne risque plus de tomber de haut, maintenant, je sais à quoi m'attendre. Et je peux dire tout ce que je veux, mais mon boulot a quand même cet avantage: du soir au matin, du vendredi soir au lundi matin, rien, nada, je décroche complètement. Il n'y a tellement rien à penser. 

Heureusement, cette année aura laissé des traces sur mon compte d'épargne, comme en guise de compensation morale. D'ailleurs, un salaire, qu'est ce d'autre?

Bien sûr, il y a aussi du positif. Chaque jour passé est un jour passé à se construire, puisque c'est justement dans les moments les moins drôles qu'on apprend le plus. Et je pense avoir beaucoup appris sur moi même cette année. Mais j'avoue que j'aurais bien aimé passer une année à me faire plaisir. Peut-être en ai-je trop eues, des années comme ça? Fini la rigolade. Maintenant ce sont les choses sérieuses. Ca doit être ça, être (enfin) adulte.

Au fait, j'allais oublier: bonne année à toutes et tous !!

vendredi, 28 décembre 2007

Bouquet final

Hier mon téléphone portable a volé à travers la pièce, marquant durablement les quelques malheureux objets qui se trouvaient sur son passage.

Ce n'était pas le jour où on avait le droit de m'énerver. Vraiment pas. C'était pile LE jour où mes hormones avaient décidé de semer le désordre dans mon corps et dans ma tête, et quoi que je fasse dans ces cas là, je sais que je ne peux pas espérer avoir le dessus. Alors forcément à la moindre contrariété, ça commence à bouillir. A la pire des contrariétés, tout part en sucette.

Quand ces messieurs dames des RH se décident à me rappeler parce que je les ai harcelés pour qu'ils daignent le faire, c'est pour entendre toujours la même rengaine: manque de "tonicité", de dynamisme, d'énergie, manque de confiance en moi, manque d'assurance, peur que je ne fasse pas le poids, que je ne sache pas m'imposer,  trop "junior" (pour un poste junior, cherchez l'erreur)...  Il y a de quoi s'énerver.

Que n'ai-je pas déjà entendu auparavant : "on a beaucoup hésité, compte tenu de toutes les propositions que vous aviez, à la fois chez nous et à l'extérieur, on a eu peur de passer à côté d'une bonne candidate". Et appeler mes responsables ou ex-responsables pour vous rassurer, vous y avez pensé? Ben non.

Là est tout le problème: les gens avec qui je travaille sont toujours très contents de moi, j'ai eu de nombreux compliments sur ma "réactivité", mon "efficacité"; mon "professionalisme"... Mais dès qu'il s'agit des RH ou des soi disant psychologues, on n'est jamais comme il faut, trop comme ci, pas assez comme ça. On est toujours plein de défauts, qui, visiblement, ne dérangent vraiment que les RH.

Le drame c'est qu'un poste comme ça, je n'en retrouverai pas un de sitôt. Tout avait l'air parfait : le  travail en lui-même, le domaine fonctionnel, le secteur d'activité de l'entreprise, le salaire, les avantages sociaux, la situation géographique, même le futur collègue potentiel avait l'air sympa.

Après tout, avec ce monde fait d'apparence et d'étiquettes, c'est comme ça qu'on élit des présidents bling bling et qu'on se refuse à voter pour une femme que l'on juge incompétente. Entre la peste et le choléra, disent certains, choisissons le choléra, au moins il a l'air con... pétant.

 

lundi, 10 décembre 2007

Le troisième

Puisque je me suis débrouillée pour me faire non-embaucher par CACAO, puisque le téléphone a fini par sonner, et bien que j'aie quand même été augmentée, je continue à chercher ailleurs. Pour mon troisième entretien demain chez Réseau Négatif, il va falloir surtout :

- Penser à dire bonjour à la dame.

- Ne pas regarder mes pieds

- Surtout si j'ai oublié de ne pas mettre mes docs

- Si la dame me demande si le poste m'intéresse toujours, surtout ne pas hésiter.

- Si elle me demande mes défauts, ne pas répondre "j'aime pas les gens"

- et enfin, ne pas supplier la dame pour qu'elle m'embauche, surtout pas à 50kE même à 35kE encore moins à 15KE

Bref, éviter d'être trop honnête. Tout en restant moi-même. Dur dur.

 

Ouf, après ça, plus que trois. Je tiens le bon bout là... 

jeudi, 15 novembre 2007

Le mépris n'a pas de limites

c9f8096b4938ade160e0ab3f752547b8.jpgInterview exclusive de Martin Hier, Directeur des Ressources Humaines de la société WorD & Associés (Work or Die), par l’ANP (Agence Nawak Presse).

Ou comment selon M.Hier « l'abus de casual peut nuire à la crédibilité ».

NB : L’interview est fictive mais les propos de M. Hier sont authentiques – sauf la dernière phrase. Ils sont issus d’un mail que les salariés de la société WorD ont reçu. Le nom de la société et du DRH, ainsi que quelques trucs, ont été modifiés dans un souci de ne pas leur faire la pub qu’ils ne méritent pas.

 

ANP: M. Hier, vous êtes le DRH de WorD & Associés, 5ème grand cabinet d’audit au niveau européen, 5600 collaborateurs. Qu’avez vous à nous dire aujourd’hui sur la tenue vestimentaire de vos salariés ?

M.Hier : Depuis notre installation à Clitoris (gratte-ciel du quartier de la Défense, ndlr), je m'interroge sur le fait de savoir si le modernisme de l'architecture n'a pas eu quelque impact malheureux sur le ton vestimentaire Wordien, déjà parfois mis à mal par le passé.

 
ANP : Et quels sont les résultats de vos profondes interrogations ?

M.Hier : Pendant les premiers mois qui ont suivi notre arrivée, j'ai d'abord voulu croire que les créatures androgynes que je croisais vêtues comme des sacs appartenaient à nos voisins du 4ème (tant nous savons tous depuis "Huit clos" que l'enfer, c'est les autres).

Puis j'ai pensé naïvement que le déménagement étant pour les cartons un traumatisme logistique, les tenues cool (yo man) qui faisaient parfois ressembler nos collaborateurs à des déménageurs tatoués, s'expliquaient aisément par le fait que chacun(e) continuait dans une tenue jugée adaptée la quête des archives égarées dans le maelstrom de notre arrivée.

 
ANP : Quand vous avez constaté qu’il s’agissait effectivement de vos salariés, et que le déménagement n’était pas responsable de cette profonde transformation, avez-vous envisagé une autre raison à cette mutation vestimentaire ?

M.Hier : J'ai imaginé enfin que le port de fripes, ces vestes de velours sans forme, ces tissus dont on hésite même à penser qu'ils soient du jean, ces chaussures curieuses (je parle là aux plus anciens d'une madeleine de Proust) qui peuvent évoquer la "Piste aux étoiles" de notre enfance (émission de télévision diffusée entre 1954 et 1976 ndlr), étaient un hommage rendu au fondateur d'Emmaüs juste après sa disparition (Il s’agit bien de l’Abbé Pierre et non pas de Martin Hirsch qui a rejoint le gouvernement Sarkozy, pardon Fillon, ndlr).

 
ANP : Mais ce n’était visiblement pas le cas… Il a donc bien fallu vous résoudre à voir la réalité en face, et à accepter le fait que tous les français n’avaient pas voté pour Sarkozy, et n’étaient pas tous des vieux cons réacs ?

M.Hier : Las, j'ai dû en effet me résoudre à constater que le spectacle qui s'offrait à moi était probablement une nouvelle "poussée expressionnelle qui faisait sens en conjuguant coolitude, sympathicalité et révolte" comme sauraient le dire les socio-strato-bobo-consultants toujours avides de vendre leurs analyses de perlinpinpin. A moins que ce "fripstyle" soit devenu à la mode ce que le politiquement correct est au débat d'idées, un affaissement navrant.

 
ANP : Mais finalement pourquoi êtes vous si insultant, intolérant, réactionnaire et méprisant ? En dehors du fait que vous travailliez chez WorD & Associés ?

M.Hier : Bien sûr, je ne puis aller jusqu'à espérer que la "WorD attitude", si essentielle à notre identité, fasse sienne le mot d'un ancien et prestigieux tennisman français : "le style, l'élégance, la beauté du geste ont autant d'importance que l'exploit lui-même". (René Lacoste, ndlr)

Mais comme il est impossible d'imaginer que ce défilé tout juste post-pubère soit l'image que nous souhaitons véhiculer chez nos clients, je recommande à chacun(e), sinon de se mettre au tennis pour tenter de retrouver le fluide perdu, mais à tout le moins de se souvenir que nous ne travaillons ni dans un centre de réadaptation à la vie professionnelle pour anciens drogués, ni dans un atelier clandestin, pas plus que dans une agence de pub pour créateurs déjantés.

 
ANP : En conclusion, quel message souhaiteriez-vous faire passer aux lecteurs de l’ANP, puisque vous vous êtes déjà adressé à vos salariés de la manière la plus respectueuse et courageuse qui soit, c’est-à-dire précisément en ces termes via un mail collectif ?

M.Hier : Merci d'avance de garder le folklore pour vos vacances (et -pourquoi pas- de profiter des soldes).

 
ANP : non, mais vraiment ?

M.Hier : Allez-tous vous faire foutre bande de clodos.

 
Addendum de M. Hier : Je ne voudrais pas que la mémoire de Jean-Paul Sartre et de l'une de ses meilleures pièces HuiS Clos reste souillée plus longtemps : c'est peut-être l'effet de mon émotion ou un acte manqué à l'endroit des germanopratins qui est source d'erreur.... Que les afficionados existentialistes veuillent bien me pardonner cette erreur, qui mériterait la porte !

 

 

 photo: Oeuvre de Saâdane Afif, National (Los Angeles), 2002. Fripes cousues. 190 x 130 cm.

 

vendredi, 09 novembre 2007

Waiting for Gogos...

Il y a quelques semaines, j'ai mis mon cv en ligne, anonyme, sur le site www.trouveruntravailgénialetbienpayé.com (ou bien était-ce www.ehvouscherchezunboulotintéressantetbienpayé.fr, je ne sais plus).
J'ai reçu six ou sept demandes de mise en relation, de la part de sociétés de services uniquement. Faut pas rêver non plus.

Passe encore que l'une d'elle ait commencé son mail par "monsieur", mon cv étant anonyme, on ne peut l'accuser que d'un mauvais copier coller, ou pire, d'un postulat sexiste que tous ceux qui bossent dans mon domaine sont des hommes.
Passe encore que l'une d'elle m'ait appelée "M. Dupont" (ce n'est pas mon nom), encore un mauvais copier coller. Ceci dit ce n'est certainement pas à celle-ci que je ferais confiance, c'est tout bête, mais quand même. C'est comme si je faisais une lettre de motivation pour Danone en leur disant "j'aimerais beaucoup travailler dans une société comme Mamie Nova".

Mais là où ça ne passe plus du tout, c'est que ma propre société me contacte, et là je ne digère pas. Ca veut dire qu'ils ne lisent même pas les cvs, car sinon ils auraient vu que je travaille déjà chez eux. Ca veut dire aussi qu'on est juste des bouts de viande sur lesquels ils se jettent, pour ensuite se faire un max de blé sur notre dos, enfin c'est pas comme si ça m'étonnait.
C'est bizarre, ça me rappelle un peu le salon de tchat caramail, du moins à l'époque où il m'arrivait d'y faire un tour, où quand on était une fille on avait plein de pop-ups qui s'ouvraient toutes les cinq secondes sur l'écran: "slt, t'as kel age?  t'habite ou? t'as 1 cam?" ou version plus trash " une grosse b*** ds ton ptit c** ca te dit?".

Sinon, enfin quelque chose de réjouissant: ma pub préférée du moment a été taguée avec les mentions suivantes rajoutées au marqueur : "Naturellement creuse", "Ca ne vous choque pas?","Ejaculatio* publicitaire", "Vulgaire", bref plein de petites phrases sympas comme tout. Tout de suite, l'affiche m'a semblée beaucoup plus agréable.

mercredi, 24 octobre 2007

Le téléphone pleure

Après quatorze entretiens d'embauche depuis six mois, trente consultations de mon profil en deux jours sur le site www.ehvouscherchezunboulotintéressantetbienpayé.fr, quatre demandes de mise en relation, deux visites de salons avec les cvs laissés à gauche à droite, cinq candidatures spontanées depuis une semaine, une proposition d'embauche temporisée par moi même puis acceptée avant de ne plus avoir de nouvelles, sans doute parce que je n'ai pas su me décider à temps... Non, ce n'était décidément pas le coup de fil que j'attendais.

 "Esther, je voulais qu'on fixe une date pour qu'on puisse se voir au bureau, si tu peux me rappeler".

Que me veut-il... Me licencier? Fortement improbable, je leur rapporte bien plus que je ne leur coûte (sans outrecuidance de ma part, hein, c'est le principe même du prestataire). Et puis franchement ce serait une grosse connerie. C'est vraiment pas le moment. Ils peinent à recruter. Sans compter que je suis une des rares à être passée à travers la vague de départs. Me changer de mission? Impossible (même pas fait exprès, le jeu de mots). Me demander si oui ou non je me suis décidée à donner ma dém? Ca pourrait bien être ça. Mais pas uniquement, trop léger.

 Et puis j'y pense... Ca fait pile onze mois que j'ai été embauchée. Ca sent l'entretien annuel à plein nez. Et qui dit entretien annuel dit... augmentation. Bon. Finalement, ça vaudra peut-être le coup de pipeauter et dire que j'ai arrêté de chercher ailleurs? Que je me sens bien chez vous et puis qu'ailleurs c'est tous des cons, et puis, cette augment, je l'ai méritée, non pas dix pourcents, quinze c'est mieux quand même, et puis tout le monde m'aime bien, on me félicite, et non je n'enlèverai pas le bas.

Il faudra que je pense, quand même, et c'est la moindre des choses, à cirer mes docs.