vendredi, 23 novembre 2007
Toujours plus, mais jamais mieux
La fin de la grève, ça a quand même du bon malgré tout. La fin de la grève, c'est aussi le sourire des petits commerçants des stations de RER qui peuvent rouvrir leur boutique en toute quiétude, certains que leur chiffre d'affaires ne tardera pas à reprendre du poil de la bête, c'est la satisfaction des usagers quand il voient arriver un RER dans lequel ils peuvent, comble du luxe, monter et survivre, c'est la diminution sensible des klaxons dans les grandes artères franciliennes, le retour à un niveau de pollution "acceptable" de l'air que l'on ose, déjà en temps normal, à peine respirer, c'est la fin des bagarres puériles mais violentes dans le métro. Et c'est mon réveil qui va pouvoir repasser à l'heure d'automne. Peut-être.
Toutes ces bonnes choses me permettent d'affronter sereinement la nouvelle blagounette au goût du jour.
Notre cher gouvernement, pardon le Medef et cette très chère Laurence Parisot, suggèrent de supprimer la durée légale du travail...
Ben voyons. Et pourquoi pas. Travailler plus pour gagner plus pour consommer plus pour produire plus pour embaucher plus (??) pour travailler plus pour consommer plus .... Pour polluer plus et vivre moins bien. Le cercle est vicieux. Vicié. Toute la politique, gauche comme droite, se base sur l'idée qu'il faut plus de croissance. Ils n'ont que ce mot à la bouche, la croissance, toujours plus de croissance, tout est conditionné, nous dit-on, par la croissance, il faut relancer la croissance, etc. Les grèves ont fait perdre soit disant, 0,1% de croissance sur ce trimestre. Le drame. Au passage, comment culpabiliser les grévistes. Mais pourquoi faire, la croissance? Est ce que la croissance, la société de consommation nous rend heureux? Est-ce qu'il ne vaudrait pas mieux transformer ce "plus" en mieux? Est ce qu'il ne vaudrait pas mieux, justement, travailler mieux, gagner mieux, consommer mieux, et vivre mieux? Pourquoi, partant de là, ne pourrait-on pas envisager la "décroissance soutenable", mouvement qui subit les pires des critiques, parfaitement injustifiées?
21:21 Publié dans Au pays d'Yzokras et Enéloges | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, sarkozy, actualité, grèves
vendredi, 16 novembre 2007
Après la taxe sur les malades, la taxe sur les victimes
Comme l'a si justement dit PPD dans le Guignols de l'Info (décidément j'aime vraiment bien Canal Plus...), la dernière bourde de Rachida Dati a été complètement éclipsée par les médias... Tous? Non, pas France 3 apparemment. La faute à la grève bien sûr !! Ah ces sacrés grévistes! Moi d'ailleurs, je les admire car ils savent pertinemment qu'ils se mettent une grosse partie de la population à dos (déjà que leur entreprise est parfaitement impopulaire, dites que vous bossez à la SNCF pour voir, et vous aurez l'impression d'avoir un nez rouge), tout ça pour défendre des convictions et une certaine idée de la société, bien loin de celle à laquelle notre président rêve en se rasant. Pour protéger l'intérêt général même. Ca c'est du courage, et pour ça je les respecte à 100%. Même si ça me fait chier d'avoir grillé un RTT aujourd'hui pour éviter l'enfer du métro.
Revenons à Rachida. Notre chère ministre propose donc de créer une franchise pour l'aide juridictionnelle. C'est-à-dire que les justiciables les plus modestes, dont les frais de justice sont pris en charge, devraient donc en payer une partie. Autrement dit c'est la fin du service public. Demain une franchise pompier, une franchise école, une franchise route nationale, une franchise ordures? Mais nos impôts sont faits pourquoi alors? Pour donner plus aux plus riches? Ben ouais.
Quelqu'un qui bouffe des pâtes tous les jours parce qu'il vient de s'acheter une Ferrari, moi ça me fait pleurer. Surtout quand c'est pas avec ses sous. Quel rapport? Aucun, aucun.
Donc nous nous dirigeons de plus en plus vers un système qui laissera (encore plus) crever les gens, alors même que les américains, grâce à Hillary Clinton qui sera vraisemblablement la prochaine présidente des Etats-Unis, vont mettre en place une couverture maladie universelle. Eux qui nous envient tellement notre système de santé, ils vont finir par en avoir un meilleur que le nôtre. C'est ça le benchmarking: les entreprises qui réussissent le mieux ne sont pas les entreprises qui innovent, mais celles qui copient une idée en l'améliorant. Et celles qui n'ont pas su s'adapter et évoluer... font faillite.
Maintenant je songe à laisser allumée LCP toute la journée pour savoir ce qui se trame dans notre dos. Ah non, ça consomme trop d'énergie.
21:00 Publié dans Au pays d'Yzokras et Enéloges | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : UMP, politique, grève, rachida dati, bourde, sarkozy, franchises
mercredi, 31 octobre 2007
La France, on l'aime ou on la coule
Prenons pour hypothèse que l'Etat est une entreprise. Et qu'elle est gérée comme telle. Ce qui n'est (malheureusement) pas le cas. Détaillons les actions suivantes:
- Recruter un responsable du développement durable: bonne idée, mais encore faut-il lui allouer le budget nécessaire. Sinon c'est de l'opportunisme et de l'hypocrisie purs.
- Geler les recrutements et les salaires en période de vache maigre: ça paraît logique. Parler de rigueur, ça paraît justifié. Mais si on prend le temps de l'expliquer correctement.
- Supprimer progressivement la mutuelle gratuite: bon, là ça commence à faire du bruit.
- S'endetter de plus en plus pour payer les dépenses de fonctionnement (et même pas les dépenses d'investissement, car il n'y en a pas ): attention là ça sent l'erreur de gestion, l'entreprise court à la faillite. Ah bah elle y est déjà, suis-je bête.
- Augmenter le salaire du PDG, sous prétexte que les PDG des autres entreprises du même secteur dans d'autres pays gagnent plus: là ça ne va plus, l'Etat intervient donc pour sermonner ces patrons voyous, non mais, quand même. Sauf que là y a personne pour intervenir, même le PS nous montre ses fesses, le PC est décédé, Besancenot distribue les feuilles d'impôts et Arlette est à la retraite.
Puisque la France n'arrive apparemment plus à rembourser sa dette, il faudrait pouvoir déposer le bilan de l'Entreprise France. Il n'y a pas de honte à ça : quand ça va mal, il faut oser l'admettre. Et se donner les moyens de redresser la barre avant qu'il ne soit trop tard. Comme ça avec un peu de chance ça donnerait lieu à une procédure de redressement judiciaire (sauf que là ce serait plutôt la liquidation), et enfin, une gestion compétente et rigoureuse des caisses de l'Etat par un administrateur.
Ségolène reviens, toi pour qui "un euro dépensé doit être un euro utile". Toi tu n'aurais jamais eu cette indécence de t'augmenter alors que le peuple crève de faim. Je pense que j'aurais encore préféré "ils n'ont pas de pain? Qu'ils mangent de la brioche !". Au moins c'eût été franc, honnête et courageux.
On n'en est pas loin après tout, et c'est à peine dissimulé:
"Ils paient l'essence trop cher? Qu'ils prennent le TGV."
"Ils sont au chômage? Qu'ils travaillent plus."
"Ils ont du mal à payer leur loyer? Qu'ils s'achètent une maison."
etc.
Voilà leurs fausses réponses aux vrais problèmes des vraies gens. C'est pas faute d'avoir tiré le signal d'alarme pourtant.
Ce soir c'est concert, à l'ovule noir la Boule Noire. Ca va faire du bien de se retrouver "en famille"... car à mon avis il va y avoir plus d'une lesbienne au mètre carré, compte tenu que les deux groupes qui jouent ce soir sont Subway et Hopper.
De la bonne musique, des gens de mon monde, rien de tel pour oublier! Et vivement la grève du 14 novembre, qu'on fasse la fête.
18:15 Publié dans Au pays d'Yzokras et Enéloges | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, entreprise, france, ump, sarkozy, societe



